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Prévention et Santé 20 janvier 2026

Vieillir après 70 ans : quand la santé devient le premier poste de dépenses

Vivre plus longtemps est une chance. Mais en France, passer le cap des 70 ans s’accompagne souvent d’une autre réalité, plus difficile à anticiper : celle de dépenses de santé qui augmentent fortement. Soins médicaux plus fréquents, équipements coûteux, aides à domicile, mutuelle plus chère… Pour de nombreux seniors et leurs proches, l’équilibre financier devient fragile. Décryptage d’un enjeu majeur pour les assurés d’aujourd’hui et de demain.

Une longévité en hausse… et des besoins qui explosent

La France vieillit, et vite. Dans les prochaines décennies, la part des personnes âgées de plus de 65 ans va fortement progresser, avec un nombre croissant de seniors très âgés. Réussite sanitaire, cette évolution pose une question centrale : comment financer le vieillissement dans de bonnes conditions de santé ? Passé 70 ans, les priorités changent. La santé n’est plus un sujet parmi d’autres : elle devient le cœur des préoccupations. Les petits renoncements d’hier ne sont plus possibles, car retarder un soin ou un équipement peut avoir des conséquences lourdes sur l’autonomie.

Des soins plus fréquents, un reste à charge qui s’accumule

Avec l’âge, les consultations médicales se multiplient. Médecin traitant, spécialistes, examens de suivi : les rendez-vous deviennent réguliers, parfois indispensables pour gérer une ou plusieurs maladies chroniques. Aujourd’hui, près de trois seniors sur quatre après 70 ans vivent avec une pathologie chronique. À cela s’ajoute la question des médicaments. La polymédication devient courante, avec des traitements au long cours qui ne sont pas toujours intégralement remboursés. Même lorsque la Sécurité sociale intervient, le reste à charge mensuel peut rapidement peser sur le budget. Les soins paramédicaux suivent la même trajectoire : infirmiers à domicile, kinésithérapie, accompagnement après une hospitalisation. Ces dépenses, souvent indispensables pour rester autonome, sont parfois mal anticipées par les assurés.

Voir, entendre, manger : des besoins essentiels… mais coûteux

Optique, audition, dentaire : ces trois postes sont parmi les plus sensibles après 70 ans. Prothèses auditives, lunettes, soins dentaires complexes ou implants représentent des sommes importantes, encore insuffisamment couvertes malgré les réformes récentes. Résultat : certains seniors retardent, voire renoncent à des soins pourtant essentiels à leur qualité de vie. Une mauvaise audition ou une dentition dégradée peuvent pourtant accélérer l’isolement et la perte d’autonomie.

Vieillir chez soi : un choix, mais à quel prix ?

La majorité des personnes âgées souhaitent rester chez elles le plus longtemps possible. Ce choix est légitime, souvent bénéfique sur le plan psychologique, mais il a un coût croissant. Adapter son logement devient parfois indispensable : douche sécurisée, barres d’appui, monte-escalier, éclairage renforcé. À cela s’ajoutent les services à domicile : aide à la toilette, ménage, portage de repas, téléassistance. Pris séparément, ces services semblent abordables. Ensemble, ils représentent un budget mensuel conséquent, surtout après 85 ans.

Mutuelle santé : indispensable… mais de plus en plus chère

Face à ces dépenses, la complémentaire santé joue un rôle clé. Pourtant, les cotisations augmentent fortement après 70 ans, parfois de 30 à 50 % par rapport aux années précédentes. Dans le même temps, les garanties peuvent être plafonnées, avec des exclusions ou des délais de carence. Beaucoup de seniors découvrent alors une réalité frustrante : même avec une mutuelle coûteuse, tout n’est pas remboursé, notamment pour l’adaptation du logement ou certains équipements.

Quand la dépendance s’installe, la facture change d’échelle

Après 80 ans, une perte d’autonomie plus marquée peut rendre le maintien à domicile difficile. L’entrée en établissement spécialisé devient alors une option, parfois la seule possible. Le coût est élevé : plusieurs milliers d’euros par mois, dont une grande partie reste à la charge des familles malgré les aides existantes. Ces situations sont souvent vécues comme un choc financier, mais aussi émotionnel. Elles soulignent l’importance d’une anticipation précoce, tant sur le plan de la couverture santé que de l’information sur les dispositifs d’aide.

Anticiper pour éviter le renoncement aux soins

Il n’existe pas de solution miracle, mais plusieurs leviers peuvent limiter l’impact financier du vieillissement :

  • comparer régulièrement les contrats de complémentaire santé,
  • s’informer sur les aides publiques et locales,
  • anticiper l’adaptation du logement avant l’urgence,
  • se faire accompagner par des structures d’information dédiées aux assurés.

 

Car le véritable risque, aujourd’hui, est celui du renoncement aux soins, qui progresse chez les seniors les plus modestes. Vieillir en bonne santé ne devrait pas être un luxe, mais un droit accessible à tous.

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