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Retraite 6 avril 2026

La baisse de la natalité impacte le système des retraites

D'après les dernières projections du Conseil d'orientation des retraites, la chute du nombre d'enfants par femme risque de creuser le déficit des régimes français des retraites.

Le système français des retraites fonctionne sur le principe de la répartition qui prévoit que les actifs financent, par le biais de leurs cotisations vieillesse obligatoires, les pensions de retraités, sachant que leurs propres retraites seront, à leur tour, assumées par les générations suivantes. En d’autres termes, les « jeunes » paient les retraites des « vieux ». C’est dire si la démographie est cruciale dans ce modèle, dans lequel les cotisants doivent être plus nombreux que les pensionnés pour en assurer le financement.

Le dernier rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR), dévoilé le 12 juin 2025, s’est appuyé sur les projections démographiques les plus récentes de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui dataient alors de 2011. Mais l’Insee a révisé en janvier dernier ses données. Or, il en est ressorti que le taux de fécondité était passé en France de 1,8 enfant par femme à 1,56 enfant par femme, soit le niveau le plus faible depuis 1917.

Réévaluation avec les autres paramètres constants

Dans une lettre rendue publique le 17 février 2026, le COR a tenté de mesurer quelles pourraient être les conséquences de cette forte correction sur le financement futur du système français des retraites. Pour cela, cet organisme consultatif, placé sous l’autorité du Premier ministre et dont les études font autorité, a choisi de ne pas modifier les autres paramètres qu’il utilise pour réaliser ses projections financières.

Le COR a donc garses hypothèses d’une espérance de vie après 65 ans de 26,7 ans pour les femmes et de 24,8 ans pour les hommes, une croissance annuelle du taux de productivité (la richesse produite par travailleur) horaire de 0,7%, et un taux de chômage de 7%. Grosso modo, l’espérance de vie (le versement des retraites) et le taux de chômage (des cotisations en moins) génèrent des dépenses pour le système, tandis que le taux de productivité (des cotisations en plus) et le taux de fécondité (des cotisations en plus dans le futur) alimentent ses recettes.

20 milliards d’euros de déficit en plus en 2070

En maintenant ces paramètres à des niveaux identiques, mais en appliquant un taux de fécondité de 1,56 enfant par femme au lieu de 1,8 enfant par femme, le déficit du système serait le même en 2030. Dans les deux scénarios, il représenterait 0,2 point de pourcentage du produit intérieur brut (PIB) - la richesse nationale -, c’est-à-dire environ 7 milliards d’euros. En réalité, l’impact se ferait sentir à partir de 2040.

Le « trou » commencerait alors à se creuser à cette date pour atteindre 2 points de PIB (67 milliards d’euros) en 2070, au lieu de 1,4 point (47 milliards d’euros) initialement prévu par le COR. Ce creusement ne serait pas dû à une hausse des dépenses (il n’y aurait pas plus de retraités), mais à une baisse des recettes (il y aurait moins de cotisants).

Solde migratoire plus élevé que prévu

Toutefois, la situation pourrait ne pas être aussi sombre. En effet, l’Insee a également relevé ses données sur le solde migratoire. Se sont installées dans le pays 186.000 personnes de plus par an que de personnes qui en sont parties entre 2018 et 2022. Or, jusqu’ici, le COR se base sur un solde migratoire de seulement 70.000 personnes par an. « Un solde migratoire plus important se traduirait immédiatement par des ressources plus élevées », souligne le Conseil, les personnes entrant sur le territoire étant généralement en âge de travailler.

Toutefois, si le déficit était amélioré à court terme, il se détériorerait à long terme puisque les retraites issues des cotisations versées en France par les populations immigrées devraient être financées. Le COR promet un réexamen de ses hypothèses de taux de fécondité et de solde migratoire pour ses projections financières présentées à la mi-juin. « Le diagnostic financier du prochain rapport annuel pourrait en conséquence être significativement révisé », prévient le Conseil.

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