Des relations qui se détériorent, la sensation d’être à fleur de peau, des colères irrépressibles suivies de grands moments d’abattement, voire d’épuisement : le burn-out émotionnel se caractérise par le sentiment d’être vidé de ses ressources sans avoir aucun moyen de recharger ses batteries. Il se manifeste aussi bien sur le plan physique par une extrême fragilité que sur le plan mental par une difficulté à gérer ses émotions. Il peut donc impacter non seulement la sphère professionnelle mais aussi la sphère personnelle, familiale et amicale. Heureusement, si l’on sait s’écouter et écouter ceux qui nous veulent du bien, il est possible de l’éviter.


Comprendre la charge affective

Il suffit parfois d’une remarque ou d’un événement anecdotique pour que, sans que l’on ne comprenne pourquoi, l’on s’effondre comme un château de cartes. On dit alors que c’est « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Pour être plus exact, on pourrait dire que c’est la parole, la pensée ou l’émotion qui sature notre « réservoir affectif ». Ce dernier est en fait la somme de notre charge mentale – cette part de nous qui prend en charge toutes les pensées qui nous préoccupent – et de notre charge sensible – qui, elle, contient toutes les informations non rationnelles qui nous mobilisent à un moment donné, comme les sensations, les émotions, les sentiments ou les intuitions. Lorsque ces deux « charges » sont trop importantes, le risque de rupture est plus élevé. C’est alors que l’on s’expose au burn-out.

 

Reconnaître les symptômes

Pour stopper à temps l’engrenage, il est important d’évaluer le niveau de saturation supportable dès lors qu’apparaissent de manière fréquente les premiers signes d’alerte type fatigue, repli sur soi, irritabilité. Pour ce faire, il est conseillé de prendre le temps, une fois par semaine, d’accorder une note allant de 0 (pas de saturation) à 5 (saturation intolérable) à différents indicateurs : charge affective (stress, angoisse, démotivation) ; indicateurs physiques (énergie, insomnie, palpitation, boule au ventre) ; indicateurs émotionnels (sensation de vide, d’échec, sautes d’humeur) ; indicateurs comportementaux (perte de concentration, indécision, sentiment d’être dépassé). Lorsque les notes élevées s’accumulent, il est temps de réagir.

 

Identifier ses vulnérabilités

Derrière l’image que l’on renvoie de soi-même, se cachent souvent des fragilités et des vulnérabilités (peur de l’abandon, crainte d’être manipulé, perte d’estime de soi, etc.) qu’il est capital d’apprendre à reconnaître. Comment ? En identifiant précisément les comportements d’autrui et les situations à l’origine de nos sur-réactions. Il peut s’agir d’attitudes condescendantes, malveillantes ou indifférentes à notre égard de la part de personnes ou de collectifs toxiques ; mais aussi d’activités quotidiennes s’apparentant à des corvées de plus en plus insupportables (devoirs des enfants, obligations professionnelles, activités domestiques, etc.). Une piste pour ne pas sombrer : essayer autant que faire se peut de contrebalancer ces situations subies par des tâches agréables et des activités renforçant l’estime de soi.

 

Exprimer ses émotions

Pour que la charge mentale et affective n’explose pas, il est par ailleurs essentiel de lui permettre de s’exprimer. Rien de pire en effet qu’une colère rentrée, une souffrance enfouie, un mal-être silencieux. Pour ce faire, lorsqu’une émotion nous submerge, deux règles d’or peuvent toujours s’appliquer : laisser s’exprimer cette émotion plutôt que de la nier ou de l’étouffer et ne pas hésiter à en parler aux personnes qui nous sont proches et à demander des conseils. Le regard des autres sur nos réactions et états d’âme peut en effet nous permettre d’appréhender différemment, avec une nouvelle perspective, les situations que nous vivons et donc nous faire prendre un recul salvateur.

 

S’accorder de petites transgressions

Enfin, il ne faut pas oublier que nous sommes parfois pour nous-mêmes notre pire ennemi. Notamment lorsque, poussés par une forme de perfectionnisme, nous soumettons tous nos faits et gestes à un niveau d’exigence absurde. Pour rompre la spirale de l’échec et de la culpabilité, il est donc important de confronter à la réalité l’ensemble de nos attentes. Nous découvrirons alors qu’en bien des occasions nos objectifs sont hors d’atteinte ou tout simplement inutiles. Pourquoi donc relire pour la énième fois ce rapport dont on sait qu’il est recevable en l’état ? Pourquoi ne pas accepter de reporter à un moment plus favorable cette tâche ménagère qui n’est pas urgente ? Pourquoi enfin ne pas s’autoriser un moment pour soi si notre emploi du temps nous le permet ? Il suffit parfois de sortir du cadre rigide que l’on s’impose pour faire baisser la pression et retrouver un peu de sérénité.


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