Une canicule ne s'arrête pas lorsque l'on referme sa porte. Au contraire. Au fil des heures, les murs, les toitures et les vitres emmagasinent la chaleur. Si les nuits restent chaudes, comme c'est souvent le cas lors des épisodes caniculaires, le logement n'a plus le temps de se refroidir. La température intérieure continue alors de grimper, parfois au-delà de celle mesurée à l'extérieur. Les appartements situés sous les toits, aux derniers étages ou exposés plein sud sont particulièrement concernés. En quelques jours seulement, ils peuvent devenir extrêmement difficiles à vivre. Même les personnes en bonne santé voient leur organisme davantage sollicité pour maintenir une température corporelle normale. Cette réalité est encore insuffisamment connue. Pourtant, lors des épisodes de chaleur extrême, une part importante des complications survient au domicile, là où l'on pense pourtant être à l'abri.
Pourquoi la chaleur devient-elle si dangereuse ?
Notre corps fonctionne comme un thermostat extrêmement précis. Il maintient en permanence une température proche de 37 °C grâce à plusieurs mécanismes, notamment la transpiration. Mais lorsque l'air ambiant est très chaud et ne se renouvelle plus, ces mécanismes perdent progressivement en efficacité. L'organisme peine alors à évacuer la chaleur. La température corporelle augmente, entraînant une fatigue importante, des maux de tête, des vertiges, une déshydratation, voire un coup de chaleur. Lorsque la température interne dépasse environ 40 °C, les fonctions vitales peuvent rapidement être menacées. Les personnes âgées, les nourrissons, les personnes souffrant de maladies chroniques ou en situation de handicap sont les plus exposés. Mais personne n'est totalement à l'abri, surtout lorsque plusieurs nuits consécutives restent tropicales et empêchent toute récupération. Les derniers épisodes caniculaires l'ont rappelé avec force. Selon Santé publique France, la période de fortes chaleurs de fin juin s'est accompagnée d'une hausse importante du nombre de décès quotidiens par rapport aux semaines précédentes. Parmi ces victimes figurent également des personnes décédées à leur domicile, où la chaleur avait continué à s'accumuler.
Rafraîchir son logement : des gestes simples qui font la différence
Lorsqu'on ne dispose pas d'un système de climatisation, quelques habitudes permettent néanmoins de limiter la montée en température du logement. Le premier réflexe consiste à empêcher la chaleur d'entrer : volets, rideaux et fenêtres doivent rester fermés pendant les heures les plus chaudes de la journée. À l'inverse, il est recommandé d'ouvrir largement les fenêtres tôt le matin, tard le soir ou durant la nuit, dès que la température extérieure devient inférieure à celle de l'intérieur. Il est également préférable de limiter l'utilisation des appareils qui dégagent de la chaleur, comme le four, les plaques de cuisson, certains éclairages ou les appareils électroniques fonctionnant en continu. Les ventilateurs apportent une sensation de fraîcheur, mais leur efficacité diminue lorsque la température ambiante devient très élevée. Ils restent néanmoins utiles pour favoriser l'évaporation de la transpiration lorsqu'ils sont associés à une bonne hydratation. Enfin, la végétation constitue un allié souvent sous-estimé. Des arbres, des plantes grimpantes, des jardinières ou même quelques plantes sur un balcon contribuent à réduire le réchauffement des façades et à améliorer le confort thermique.
Pendant une canicule, prenez aussi des nouvelles de vos proches
La chaleur ne touche pas tout le monde de la même manière. Une personne âgée vivant seule, un voisin malade, un proche en situation de handicap ou un nourrisson peuvent rapidement se retrouver en difficulté sans toujours s'en rendre compte. Passer un appel, proposer un passage à domicile, vérifier que la personne boit suffisamment ou que son logement reste supportable sont des gestes simples qui peuvent avoir un impact considérable. Face aux épisodes de chaleur extrême, la solidarité reste l'un des moyens les plus efficaces de prévenir les accidents. Car si les températures extérieures finissent toujours par redescendre, les logements, eux, mettent parfois plusieurs jours à évacuer toute la chaleur accumulée.
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