Un polluant discret mais omniprésent
Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans l'environnement. Le problème n'est pas sa présence en tant que telle, mais son accumulation progressive dans les sols, les plantes, les animaux et, finalement, dans notre alimentation. Depuis plusieurs années, les autorités sanitaires alertent sur les conséquences possibles d'une exposition chronique. À fortes doses ou sur le long terme, le cadmium est en effet associé à des atteintes rénales, à une fragilisation du tissu osseux et à un risque accru de certains cancers. C'est pourquoi, il est classé comme cancérogène pour l'être humain par les organismes internationaux de référence. Or, selon les données relayées récemment par l'Anses, près d'un adulte français sur deux présenterait une exposition supérieure aux valeurs toxicologiques de référence. Une situation qui place la France parmi les pays européens les plus concernés.
Pourquoi les Français sont-ils davantage exposés ?
L'une des principales explications se trouve dans les sols agricoles. Le cadmium peut être présent dans les engrais phosphatés utilisés en agriculture. Au fil des années, il s'accumule dans les terres puis est absorbé par certaines cultures. Les céréales, les pommes de terre, les légumes, mais aussi certains fruits de mer ou abats peuvent ainsi contribuer à l'exposition alimentaire. Selon les experts, l'alimentation constitue aujourd'hui la première source d'exposition des Français au cadmium. Les autorités sanitaires pointent notamment la teneur relativement élevée en cadmium de certains engrais utilisés dans l'Hexagone. Les sols agricoles français seraient ainsi plus contaminés que ceux de plusieurs pays voisins, notamment l'Allemagne ou la Belgique. Face à ce constat, plusieurs parlementaires proposent d'abaisser progressivement les seuils autorisés de cadmium dans les engrais afin de réduire durablement la contamination des sols et des denrées alimentaires.
Faut-il changer son alimentation ?
Pas question de supprimer les fruits, les légumes ou les céréales de son assiette. Les bénéfices nutritionnels de ces aliments restent largement supérieurs aux risques liés au cadmium. Les spécialistes recommandent plutôt de diversifier son alimentation afin d'éviter une exposition répétée à une même source. Une alimentation variée permet en effet de répartir les risques et de limiter l'accumulation de certains contaminants. Les fumeurs doivent également être particulièrement vigilants. Le tabac constitue une source importante d'exposition au cadmium, souvent supérieure à celle liée à l'alimentation. Certaines études suggèrent par ailleurs que de bons apports en fer, en calcium et en zinc pourraient réduire l'absorption du cadmium par l'organisme. Une raison supplémentaire de veiller à l'équilibre de son alimentation.
Comment réduire son exposition au quotidien ?
Sans tomber dans l'excès ni dans la méfiance généralisée, quelques réflexes simples peuvent être utiles : privilégier une alimentation diversifiée, laver soigneusement les fruits et légumes, éviter le tabac, varier les sources de céréales et de légumes, respecter les recommandations nutritionnelles pour couvrir ses besoins en fer, calcium et zinc.
Pour les personnes les plus exposées ou présentant des facteurs de risque particuliers, un échange avec leur médecin traitant peut également être utile.
Une question de santé publique
Au-delà des gestes individuels, la question du cadmium renvoie surtout à un enjeu collectif. Réduire la présence de ce métal dans les engrais et les sols agricoles constitue l'un des principaux leviers pour diminuer durablement l'exposition de la population. Les discussions actuellement engagées au Parlement témoignent d'une prise de conscience croissante. Car si le cadmium reste invisible dans notre quotidien, ses effets potentiels sur la santé justifient une vigilance accrue des pouvoirs publics comme des consommateurs.
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