Un plan gouvernemental «Agir pour les aidants» annoncé en octobre 2019 puis des événements qui se sont enchaînés : épidémie de covid 19, un nouveau ministre des solidarités et de la santé, un projet de 5ème risque, un État qui doit faire face à des priorités immédiates, une récession économique qui semble inévitable ….tout cela ne risque-t-il pas de faire à nouveau oublier les aidants ?


Des aidants qui ont pourtant été plus que jamais en première ligne pour prendre soin durant le confinement des personnes fragiles, âgées, malades ou handicapées. 

La France a exprimé sa reconnaissance aux personnes les plus mobilisées durant la crise : soignants bien sûr, mais aussi personnels de la grande distribution, du commerce,  du transport... qui ont permis le maintien de la vie du pays.

Mais qu'en est-il de la reconnaissance de celles et ceux qui ont dû suppléer à l'absence ou à la réduction des services à domicile, et même à la fermeture d'établissements d'accueil, notamment pour les personnes handicapées ?

Devant le risque que ces 11 millions de «sans voix»  retombent dans l'oubli après être laborieusement sortis de l'ombre, des associations se mobilisent.


Lancement d'une campagne nationale : «Aider ne devrait plus être un combat»

Le délégué général du collectif Je T'aide a exprimé dans une interview le poids supplémentaire porté par nombre d'aidants durant le confinement. (Lire l'interview).

Le collectif Je T'aide  vient également d'engager une campagne de sensibilisation «Aider ne devrait plus être un combat»,  au travers d'affiches que nous pouvons voir actuellement dans toutes les villes. Cette campagne est accompagnée d'un plaidoyer pour que l'aide apportée par les proches soit relayée par une véritable politique publique de soutien.

Le thème retenu pour la prochaine Journée nationale des aidants (6 octobre 2020) sera justement celui du droit au répit, Le choix de ce thème, plébiscité par les aidants eux-mêmes, montre à quel point la question du répit est devenue cruciale pour celles et ceux qui accompagnent un proche 7/7 jours et 24/24 heures.

Le collectif étudie actuellement les résultats de l'étude menée auprès des aidants sur l'impact que le confinement a eu sur l'aide qu'ils apportent habituellement. Nous consacrerons un article à ces résultats dès qu'ils seront connus. 

Le magazine «Faire face – Mieux vivre le handicap» a d'ores et déjà publié les résultats une enquête effectuée auprès d'un millier d'aidants par le collectif inter-associatifs des aidants familiaux, sous le titre «Confinement : des aidants bien peu aidés». Les répondants sont pour une large part des parents aidants, qui expriment et confirment l'urgence du besoin de répit.


Après l'été ?...

Après la pause estivale, si particulière cette année, le mois d'octobre devrait être porteur de nouveaux enjeux pour les aidants. Ceux-ci seront mis en lumière le 6 octobre lors de la 11ème Journée nationale des aidants, dont le thème est, nous l'avons dit précédemment, celui du répit. Octobre est aussi la date envisagée de mise en œuvre du congé indemnisé de proche aidant, prévu par le plan Agir pour les aidants. Les résultats de l'enquête déjà évoquée, menée par le collectif Je T'aide devraient en outre être connus. Ce sont toutes ces actualités que nous suivrons et analyserons dans nos prochains articles.


Lire aussi nos articles :

 Être aidants au temps du confinement – Trop près ou trop loin... mais toujours inquiets :

 Partie 1

 Partie 2

 
Aidants d'un proche en Ehpad : des retrouvailles parfois difficiles


 ARTICLE N° 45 ANPERE / LA MAISON DES AIDANTS JUILLET 2020