La moitié du CAC 40 est aux mains d’investisseurs étrangers. C’est ce que souligne une étude de la Banque de France (BDF) rendue publique le 4 décembre 2025. D’après l’institution monétaire, 50 % du capital des sociétés françaises du CAC 40 (composé des 40 plus importantes capitalisations de la Bourse de Paris) étaient détenus par des non-résidents français au 31 décembre 2024. Par non-résidents, on parle d’investisseurs qui ne sont pas fiscalement domiciliés en France. Parmi eux, il y a donc des Français installés à l’étranger.
À savoir également : les données de la BDF portent sur 35 entreprises(*), cinq entreprises du CAC 40 ayant été exclues du périmètre de l’étude, car leur siège social n’est pas implanté en France (Airbus, ArcelorMittal, STMicroelectronics, Eurofins Scientific et Stellantis). Cela étant dit, la part des non-résidents dans l’indice vedette de la place de Paris ne cesse de progresser, puisqu’elle était de 49,5 % en 2003 et même de 49,1 % en 2000. Les achats nets (les acquisitions diminuées des retraits) d’actions françaises du CAC 40 par les non-résidents français se sont élevés à 3,3 milliards d’euros sur la seule année 2024.
Essentiellement via des fonds d’investissement
Au final, plus de la moitié des sociétés françaises de l’indice parisien (19 entreprises sur 35) sont détenues majoritairement (plus de 50 % du capital) par des investisseurs étrangers. Ces investissements sont réalisés à près de 93 % (92,9 % exactement) par le biais de fonds, contre seulement un peu de 7 % (7,1 %) via des actions détenues en direct. Ils ont porté en priorité sur les entreprises de la santé et de services aux collectivités, puis à celles des biens et services de consommation, celles de l’industrie et de l’énergie, et celles des technologies et télécommunications.
Les non-résidents proviennent à près de 40 % (39,7 %) de pays de la zone euro, dont le Luxembourg en premier lieu (13,4 %) suivi de l’Allemagne (8,1 %). En y ajoutant le Royaume-Uni (5,5 %), la Norvège (3,5 %) et la Suisse (2 %), l’Europe représente plus de la moitié (50,7 %) des investissements étrangers du CAC 40, contre un peu plus du tiers (33,6 %) pour les États-Unis et 15,7 % pour le reste du monde. À noter : 2,7 % du capital des sociétés françaises du CAC sont détenus par des résidents du paradis fiscal des Iles Caïmans.
À peine 32 % des actions hors CAC
Pour autant, il ne faudrait pas penser que la Bourse de Paris est trustée par les investisseurs étrangers. Les non-résidents détenaient en 2024 à peine 32 % des actions françaises hors CAC 40. Au total, ils possédaient 46 % du capital des sociétés tricolores cotées. Il s’agit du taux le plus bas parmi les principaux pays européens. À titre de comparaison, les non-résidents détenaient l’an passé 49 % des actions italiennes, 57 % des actions allemandes, 60 % des actions belges et jusqu’à 88 % des actions néerlandaises.
(*) Accor, Air Liquide, Axa, BNP Paribas, Bouygues, Bureau Veritas, Capgemini, Carrefour, Crédit Agricole, Danone, Dassault Systèmes, Edenred, Engie, EssilorLuxottica, Hermès International, Kering, Legrand, L’Oréal, LVMH, Michelin, Orange, Pernod Ricard, Publicis, Groupe Renault, Safran, SaintGobain, Sanofi, Schneider Electric, Société Générale, Teleperformance, Thales, TotalEnergies, UnibailRodamcoWestfield, Veolia Environnement, Vinci.
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