L’épargne de nos compatriotes ne leur permet pas seulement de se constituer un matelas financier, elle permet aussi de financer l’économie réelle. Tel est l’un des enseignements d’un rapport de la Direction générale du Trésor (DGT) rendu public le 8 janvier 2026.
La DGT commence par rappeler que le patrimoine des Français est composé à 60 % d’actifs non financiers (essentiellement des biens immobiliers) et à 40 % d’actifs financiers. Selon les dernières données disponibles, le patrimoine financier des ménages a atteint 6.596 milliards d’euros au 2ᵉ trimestre 2025.
À cette date, les Français ont mis de côté l’équivalent de 10,5 % de leur revenu disponible, soit la somme qui leur reste après déduction des dépenses contraintes (loyers, crédit immobilier, impôts, alimentation, habillement, énergie, télécom, assurances…). Ce taux a augmenté de 4 points de pourcentage par rapport à la moyenne de 2015-2019, « dépassant pour la première fois depuis l'année 2000 le taux des ménages allemands », souligne le Trésor.
40 % de l’épargne investie dans les actions cotées et non cotées
Sur les 6.596 milliards d’euros au 2ᵉ trimestre 2025, 40 % ont été investis dans des actions cotées en Bourse et des titres non cotés, 31 % dans des obligations (des dettes émises par des entreprises et des États), 20 % dans le financement de crédits et les 9 % restants dans d’autres actifs financiers, comme les fonds immobiliers non cotés. « Pour 10 euros de patrimoine financier des ménages, 4 euros correspondent à de la détention d'entreprises, 3 euros sont investis dans des obligations, dont un euro en obligations des administrations publiques et 2 euros génèrent des prêts », illustre la DGT.
À savoir : les actions intègrent, dans la nomenclature du Trésor, les participations au capital des sociétés détenues par les chefs d’entreprise. L’épargne des particuliers sert au financement de crédits essentiellement via les livrets réglementés (dont les paramètres sont fixés par l’État).
Une croissance des unités de compte au détriment du fonds euros
Les sommes collectées sur le Livret A sont reversées à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui utilisent à 70 % cette part pour accorder des prêts aux offices HLM en vue de la construction de nouveaux logements sociaux et aux collectivités locales (mairies, intercommunalités...) en vue de l’aménagement du territoire et la construction de nouvelles infrastructures publiques (écoles, hôpitaux, transports en commun…). L’encours du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) sert, lui, à attribuer des prêts pour financer des petites et moyennes entreprises (PME), des entreprises issues de l’économie sociale et solidaire (ESS) comme des mutuelles ou des coopératives, ainsi que les travaux de rénovation énergétique des logements des particuliers.
La DGT constate que, depuis 2019, les ménages ont davantage orienté leurs placements vers les livrets (réglementés ou non), les parts de fonds d'investissement (Sicav, FCP) et les unités de compte (UC) de l’assurance-vie, au détriment des fonds en euros. Ces derniers, dont le capital est garanti par l’assureur, sont essentiellement composés d’obligations, tandis que les UC plus risquées sont majoritairement investies en actions. Au final, la part de l'épargne finançant les entreprises (via les actions et les parts de fonds d'investissement) a progressé, passant de 36 % du patrimoine financier des ménages en 2019 à 40 % au 2ᵉ trimestre 2025.
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