Selon les projections du Conseil d’orientation des retraites, les Français devraient liquider leurs droits en moyenne à 64 ans d’ici 2030.


Qu’ils le veuillent ou non, les actifs vont devoir travailler plus longtemps. D’après les projections du secrétariat général du Conseil d’orientation des retraites (COR) rendues publiques le 21 février 2019, l’âge « effectif » de départ, c’est-à-dire l’âge moyen auquel les Français liquident réellement leurs droits à la retraite, va s’élever à 64 ans en 2030, soit deux ans en moyenne de plus qu’aujourd’hui.

S’il n’est pas possible en France de partir à la retraite avant d’avoir atteint l’âge légal de départ (ou « âge minimum d’ouvertures des droits »), fixé à 62 ans pour les assurés nés à partir de 1955, rien n’empêche de travailler au-delà. Ce décalage dans le temps est généralement utilisé pour valider des trimestres de cotisation supplémentaires et ainsi réduire, voire annuler, la décote. En effet, si l’assuré ne dispose pas du nombre de trimestres requis dans sa génération, le montant de sa pension de base est minoré de 1,25% par trimestre manquant et un coefficient de minoration est appliqué sur le montant de sa pension complémentaire.



Alignement public-privé

Les actifs du secteur privé (salariés, travailleurs indépendants, professions libérales) semblent d’ailleurs avoir bien compris l’intérêt de respecter leur durée d’assurance puisque leur âge effectif de départ à la retraite se situe déjà à 62,5 ans, c’est-à-dire à un niveau légèrement supérieur à l’âge légal. Les fonctionnaires et agents relevant des régimes dits « spéciaux » (car fonctionnant selon des règles particulières), comme ceux d’EDF, de la SNCF, de la RATP ou de la Banque de France, partent, eux, en moyenne plus tôt car ils bénéficient de dispositifs spécifiques de retraite anticipée.

Sous les effets cumulés de l’allongement de la durée des études, de l’entrée plus tardive sur le marché du travail, des périodes de chômage et de l’augmentation de la durée d’assurance introduite par les réformes des retraites de 2003 et de 2014, l’âge effectif de départ ne va cesser de reculer, estime le COR. Le phénomène va également toucher le secteur public, les conditions de liquidation des droits des fonctionnaires et des agents des régimes spéciaux ayant été progressivement alignées sur celles du privé par les réformes de 2003 et de 2008.


Les femmes avant les hommes

Le Conseil, qui a effectué ses projections sur la base de la réglementation actuelle, ne fait pas référence à la réforme des retraites promise par Emmanuel Macron. Si le président a toujours assuré que l’âge légal serait maintenu à 62 ans dans le futur système universel des retraites qui remplacera les 42 régimes actuels, Jean-Paul Delevoye, le Haut-commissaire en charge de la réforme, a évoqué la création d’un « âge pivot », en deçà duquel la pension serait minorée. Cette nouvelle borne d’âge serait fixée à 63 ou 64 ans. De quoi renforcer les prévisions du COR.

Pour autant, le document de cet organisme consultatif, placé sous l’autorité du Premier ministre, comporte aussi de belles surprises. D’abord, on y apprend qu’à partir de la génération de 1960, les femmes devraient prendre leur retraite avant les hommes, contrairement à aujourd’hui. Le taux d’emploi des premières étant désormais presque identique à celui des seconds, elles cotisent autant que leurs homologues masculins. Du coup, avec les majorations de durées d’assurance (MDA) octroyées au titre de la maternité (8 trimestres par enfant dans le privé, 4 trimestres par enfant dans le public), les mères peuvent justifier plus tôt de leur durée d’assurance.

Autre bonne nouvelle : même si les Français vont liquider leurs droits plus tard, ils vont profiter de leur retraite plus longtemps. Grâce aux progrès de la médecine, les gains d’espérance de vie devraient être supérieurs à la hausse de l’âge moyen effectif de départ. Toujours d’après le COR, la durée moyenne de retraite devrait atteindre 29,6 ans pour la génération née en 1973, contre 25,6 ans pour celle née en 1955.


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