L’initiative peut sembler étonnante. Le 16 juillet 2026, le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique a publié sur son site Internet une note d’information sur le plan d’épargne retraite populaire (Perp).
Or, ce placement, créé par la réforme des retraites de 2003 et dédié à la préparation à l’après-vie professionnelle, ne peut plus être souscrit depuis le 1ᵉʳ octobre 2020. À compter de cette date, il a été remplacé par le plan d’épargne retraite (PER), instauré par la loi Pacte (pour Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) et dont la commercialisation a débuté le 1ᵉʳ octobre 2019.
Sortie partielle en capital
Si Bercy vient de mettre en ligne une note sur le PERP, c’est parce que ce placement peut continuer à être alimenté. Les souscripteurs, qui ont ouvert un plan avant le 1ᵉʳ octobre 2020, peuvent, en effet, toujours y effectuer des versements. Une fois qu’ils partiront à la retraite ou qu’ils auront atteint leur âge légal (l’âge minimum autorisé de départ à la retraite, fixé de 62 à 64 ans selon la date de naissance), ils pourront liquider leur PERP en rente viagère.
Il s’agit d’une somme dont le montant dépend de l’épargne cumulée sur le plan et de l’espérance de vie de l’assuré et qui est versée régulièrement (tous les mois, trimestres, semestres ou une fois par an) jusqu’au décès de ce dernier. Le PERP peut également être dénoué à la retraite ou à l’âge légal à 80 % en rente et à 20 % en capital (une somme versée en une ou plusieurs fois).
Cette répartition de 80 % - 20 % est fixe, tandis que le PER peut, lui, être liquidé à la fois en capital et en rente dans les proportions voulues par le souscripteur. En revanche, que ce soit pour le PERP ou le PER, le plan est dénoué à 100 % en capital si le montant de la rente à verser est inférieur à 110 euros par mois.
Pas de déduction fiscale particulière pour les indépendants
Comme pour le PER, les versements volontaires réalisés sur le PERP peuvent être déduits du revenu imposable, à hauteur d’un plafond. Celui-ci équivaut à 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) de l’année N-1 (l’année précédant le versement) ou, si la formule est plus avantageuse, à 10 % des revenus professionnels de l’année N-1 dans la limite de huit fois le PASS de l’année N-1.
Pour les versements effectués sur un PERP en 2026, la déduction fiscale s’élève ainsi à 4 710 euros au minimum et jusqu’à 37 680 euros au maximum. Le PER propose des plafonds de déductibilité plus élevés pour les travailleurs non-salariés (artisans, commerçants, chefs d’entreprise non-salariés, professionnels libéraux).
Un cas de déblocage anticipé spécifique
Autre avantage du PER par rapport au PERP : le premier peut être débloqué à tout moment pour l’achat ou la construction de la résidence principale, tandis que cette sortie en capital est possible pour le PERP uniquement à l’âge légal ou à la retraite et si le souscripteur ne possède pas son logement depuis au moins deux ans. En revanche, ce déblocage anticipé est fortement imposé pour le PER, alors qu’il bénéficie d’un prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de seulement 7,5 % pour le PERP.
Le PERP prévoit également un déblocage exceptionnel que le PER ne propose pas : les plans, dont l’encours n’excède pas 2 000 euros et qui sont détenus par les souscripteurs aux revenus inférieurs à la première tranche d’imposition (moins de 11 600 euros perçus en 2025 et déclarés en 2026), peuvent être liquidés à tout moment à 100 % en capital. La somme versée bénéficie là aussi du PFL à 7,5 %.
À savoir : les PERP peuvent être transformés en PER. Les frais de transfert des capitaux entre les deux plans ne peuvent pas dépasser 5 % de l’encours. Ils sont même nuls si le PERP a été ouvert depuis de dix ans.
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