L'engouement des Français pour les marchés financiers n'a jamais été aussi fort. Selon le dernier tableau de bord de l'Autorité des marchés financiers (AMF), rendu public le 25 mars 2026, 1,9 million de particuliers ont réalisé au moins une transaction en actions cotées l’année dernière, en hausse de 21 % par rapport à 2024.
Mais c'est la percée des ETF (des fonds qui répliquent la performance des indices boursiers) qui étonne le plus : avec plus de 1,1 million d'investisseurs, leur adoption a bondi de 83 % sur un an. Sur cinq ans, ce sont au total 4,5 millions de Français qui ont franchi le pas en actions, en ETF ou en obligations.
Près de 800.000 novices
Ces chiffres record trouvent leur source dans l'afflux massif de primo-investisseurs. En 2025, 780.000 particuliers ont acheté des titres cotés pour la première fois, contre 516.000 en 2024 et 329.000 en 2023. Depuis janvier 2023, ce sont environ 1,6 million de nouveaux boursicoteurs qui ont découvert les marchés, dont 186.000 au seul quatrième trimestre 2025, attirés en premier lieu par les ETF.
Ce mouvement doit beaucoup aux créateurs de contenus spécialisés dans les finances personnelles. Ces « fin-influenceurs », omniprésents sur les réseaux sociaux, vantent les mérites des fonds indiciels cotés auprès de leurs abonnés : simplicité, accessibilité, faibles coûts et diversification immédiate. Résultat : l'âge moyen des investisseurs actifs est passé d'environ 60 ans en 2018 à seulement 38 ans pour les adeptes des ETF, et 48 ans pour les actionnaires en 2025.
Les acteurs français concurrencés
Le tableau de bord de l'AMF introduit cette année une nouveauté : pour la première fois, il intègre les données des Français qui investissent via des courtiers dont le siège est établi dans un autre pays de l'Union européenne (UE). Et le constat est saisissant, puisque ces plateformes étrangères, souvent moins chères et plus ergonomiques, ont concentré en 2025 en moyenne 26 % des investisseurs français en actions (contre 18 % en 2024) et 34 % de ceux qui misent sur les ETF (21 % en 2024).
Chez les primo-investisseurs, la domination est encore plus nette : 61 % d'entre eux ont choisi un courtier européen non français pour faire leurs premiers pas en Bourse. Les volumes échangés restent, eux, majoritairement entre les mains des acteurs hexagonaux, les intermédiaires européens ne représentant que 15 % des volumes sur les actions et 20 % sur les ETF.
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