En France, la finance durable est clairement dans le vert. D’après le panorama de l’investissement responsable (IR) rendu public le 7 avril 2026 par l’Association française de la gestion financière (AFG), l’encours (le cumul des versements, majoré des plus-values) des fonds IR distribués dans l’Hexagone a culminé à 2 971 milliards d’euros l’année dernière.
Ce montant représente une progression de 4,8 % par rapport à 2024. Dans le détail, l’encours des fonds et mandats dits « article 8 » selon la classification européenne, qui correspondent à des produits financiers promouvant des caractéristiques environnementales et/ou sociales, a augmenté de 4,7 % en 2025, pour atteindre 2 850 milliards d’euros. Celui des fonds et mandats « article 9 », qui ont un objectif d’investissement durable explicite, a bondi, lui, de 10,5 % sur 12 mois, mais à « seulement » 121 milliards d’euros.
Des compositions distinctes
En se focalisant uniquement sur les fonds d’investissement, l’encours tombe à 1 816 milliards d’euros pour les « articles 8 » et à 117 milliards d’euros pour les « articles 9 ». Toujours selon l’AFG, les premiers sont constitués à 30 % de fonds monétaires (titres de dettes de court termeémis par des banques, des entreprises et des États), à 25 % de fonds obligataires (titres de dettes à moyen et long termes émis par des entreprises et des États), à 21% de fonds actions (titres d’entreprises cotées en Bourse), à 13 % de fonds diversifiés (investis dans différentes classes d’actifs), à 3 % dans des fonds immobiliers, à 3% dans des fonds de « private equity » (titres d’entreprises non cotées), et à 5 % dans d’autres fonds, dont ceux de l’épargne salariale.
La composition des fonds d’investissement « article 9 » est totalement différente : 36 % de fonds actions, 24 % de fonds immobiliers, 19 % de fonds obligataires, 6 % de fonds diversifiés, 6 % de fonds de non coté et 10 % d’autres fonds. L’encours des fonds et mandats IR est détenu à 73 par les investisseurs institutionnels - les fameux « zinzins » (banques, assureurs, caisses de retraite, fonds de pension…) – et à 27 % par les investisseurs particuliers. Si on se limite aux seuls fonds durables, la clientèle privée représente 40 % des souscripteurs.
Une obligation pour les entreprises et les assureurs
Il faut dire que les employeurs doivent proposer au moins un fonds ayant le label ISR (pour investissement socialement responsable) dans le cadre de leur plan d’épargne entreprise (PEE) depuis 2010. Depuis 2019, cette obligation a été étendue aux plans d’épargne pour la retraite collectifs (Perco) et aux nouveaux plans d’épargne retraite d’entreprise collectifs (PERCOL) qui remplacent les Perco depuis 2020.
De leur côté, les assureurs sont contraints, depuis 2022, de proposer au sein des unités de compte (UC) logées dans leurs contrats d’assurance vie au moins un fonds labellisé ISR, un fonds labellisé Greenfin (« finance verte ») et un fonds labellisé Finansol (« finance solidaire »). Tout ceci explique pourquoi 59 % des 5 400 milliards d’euros d’encours (90 % des actifs sous gestion en France) gérés par les 330 sociétés de gestion de portefeuille (SGP) membres de l’AFG sont des fonds « article 8 » et des fonds « article 9 ». Ce qui place la France à la pointe de l’investissement responsable en Europe, et même dans le monde
Source : Cliquez-ici