ANPERE | Association Nationale pour la Prévoyance, l'Epargne et la Retraite | Partenaire d'AXA

Prévoyance 29 juin 2026

Dépassements d’honoraires : la facture des patients s’alourdit année après année

Les consultations médicales facturées au-delà des tarifs de la Sécurité sociale progressent de plus de 5 % par an, alimentés par la montée en puissance des médecins exerçant en secteur 2.

Payer un médecin spécialiste revient de plus en plus cher. D’après un rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (HCAAM) rendu public le 9 juin 2026, les sommes facturées au-delà des tarifs de la Sécurité sociale ont progressé de 5,3 % par an en moyenn entre 2019 et 2025.

En vingt-cinq ans, la part des praticiens qui dépassent ces tarifs a presque doublé, passant de 37 % en 2000 à environ 60 % en 2025. Gynécologues, chirurgiens, anesthésistes, ophtalmologues et psychiatres comptent parmi les spécialités où la pratique est la plus répandue.

Le secteur 2 devient la norme chez les jeunes médecins

Cette envolée s'explique en grande partie par l'essor du conventionnement en secteur 2. Contrairement à leurs confrères du secteur 1, les médecins qui en relèvent peuvent fixer librement le montant de leurs honoraires, au-delà des plafonds de l'Assurance maladie. Or, ce choix séduit de plus en plus les nouveaux installés : 75 % des jeunes spécialistes ont opté pour le secteur 2 en 2024, contre 58 % en 2010.

Si la tendance se confirme, le HCAAM estime que les dépassements d’honoraires pourraientatteindre 10 milliards d'euros en 2040, contre 4,7 milliards en 2025. Soit un montant qui pourrait donc plus que doubler en l'espace de quinze ans à peine.

Un remboursement à deux vitesses selon le contrat

Le principal écueil tient à la prise en charge. L'Assurance maladie ne couvre jamais ces dépassements, qui reposent donc sur les complémentaires santé. Mais tout dépend du contrat souscrit. Les bénéficiaires d’une « mutuelle d’entreprise » ont 90 % de chances de voir ces frais remboursés en totalité ou en partie. Avec un contrat individuel, cette proportion tombe à 60 %.

L'écart s'explique par la nature des contrats collectifs, dont l'employeur finance au moins la moitié des cotisations et qui offrent en général des garanties plus solides. Pour rappel, toute entreprise est tenue de proposer une complémentaire santé collective dès lors qu'elle compte au moins un salarié.

Limiter les tarifs plutôt qu'augmenter les cotisations

Pour réduire le reste à charge, c'est-à-dire la somme restante une fois additionnés les remboursements de la Sécurité sociale et de la complémentaire santé, le Haut Conseil écarte la piste d'une hausse des cotisations, qui rognerait le pouvoir d'achat des assurés. Il privilégie un encadrement des dépassements d’honoraires et une régulation des installations en secteur 2.

Le conventionnement pourrait, par exemple, être soumis à une condition d'ancienneté. Le HCAAM propose cinq ou dix années de pratique médicale à partir desquelles les médecins seraient autorisés à être conventionnés en secteur 2.Source : Cliquez-ici

Vous aimerez aussi

Tous les articles