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Prévoyance 25 mai 2026

Un printemps historique pour l’assurance-vie

Selon les dernières données communiquées par la profession, jamais les versements sur les contrats d’assurance vie n’ont été aussi élevés pour un mois de mars.

L’assurance-vie n’arrête pas de faire des étincelles. Alors que le placement préféré des Français cumule les records depuis plusieurs mois, il a enregistré sa collecte brute pour un mois de mars la plus élevée de son histoire, d’après les chiffres dévoilés le 30 avril 2026 par France Assureurs, la fédération professionnelle qui réunit la quasi-totalité des assureurs vie tricolores.

Les versements (appelés « cotisations ») ont progressé en mars 2026 de 17 % en glissement annuel, pour atteindre 18,3 milliards d’euros. Si le précédent plus haut pour le troisième mois de l’année date de mars 2025, la collecte brute se situait alors à « seulement » 15,7 milliards d’euros. Soit 2,6 milliards d’euros de moins.  

Une collecte nette quatre fois plus élevée que la moyenne sur dix ans

Les prestations (rachats totaux et partiels, sorties en rentes viagères, décès des assurés) ont, elles, augmenté d’à peine 4 %, à 12,3 milliards d’euros. La collecte nette, qui correspond aux cotisations amputées des prestations, s’est donc élevée à 6 milliards d’euros. Si elle est inférieure au record de mars 2006 (plus de 8 milliards d’euros), elle équivaut à presque deux fois la collecte nette de mars 2025 (3,8 milliards d’euros) et à quatre fois la moyenne de ces dix dernières années (1,5 milliard d’euros).

Certes, le mois de mars est traditionnellement favorable à l’assurance-vie. Comme le souligne le Cercle de l’Épargne - un « think tank » (laboratoire d’idées) sur l’épargne et la retraite - dans un communiqué également diffusé le 30 avril 2026, seules quatre collectes nettes négatives ont eu lieu depuis 2000 : en 2012, en 2016, en 2017 et en 2020. Il n’empêche, le niveau de cotisations de l‘assurance vie en mars 2026 est à saluer.

Un effet « vases communicants » avec le Livret A

Les bons chiffres de l’assurance-vie contrastent avec les mauvais résultats du Livret A. Selon les statistiques publiées le 22 avril 2026 par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le livret d’épargne réglementé a subi une décollecte de 0,49 milliard d’euros en mars dernier. Il s’agit de sa troisième collecte nette négative consécutive. Depuis janvier, la décollecte du Livret A s’élève ainsi à 3,10 milliards d’euros en cumulé. Il s’agit du moins bon premier trimestre depuis 2009 pour le livret défiscalisé.

En comparaison, l’assurance-vie a enregistré une collecte nette de 19,3 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année, contre 13,6 milliards d’euros au premier trimestre 2025. Les Français semblent donc délaisser le Livret A au profit de l’assurance-vie. Ce phénomène de vases communicants s’explique par la baisse de la rémunération du livret réglementé à 1,5 % depuis le 1ᵉʳ février 2026. D’ailleurs, le fonds en euros de l’assurance-vie qui offre, comme le Livret A, une garantie sur le capital et des intérêts annuels définitivement acquis, a connu une collecte nette de 2 milliards d’euros en mars dernier.

Un différentiel de rendement

Le rendement moyen net de frais de ce support sécurisé est, il est vrai, ressorti à 2,65 % en 2025 (les taux sont divulgués avec un an de décalage). Même en prenant en compte l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) à 17,2 %, le fonds en euros s’avère plus rentable que le Livret A. D’autant plus que le premier n’est pas plafonné, contrairement au second (cumul des versements limités à 22 950 euros). Autant d’atouts que les Français semblent avoir parfaitement compris.

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