Le sujet a été porté au plus haut niveau. Lors du Comité stratégique d'éducation financière organisé le 6 mai 2026, qui réunissait notamment le ministre de l'Économie et des Finances Roland Lescure, le ministre de l'Éducation nationale Edouard Geffray et le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, la présidente de l'Autorité des marchés financiers (AMF) Marie-Anne Barbat-Layani a annoncé le lancement d'un plan d'action consacré à l'investissement boursier des femmes.
L'ampleur de l'écart entre les genres justifie cette mobilisation. D'après les relevés de l'AMF, une femme sur quatre (24 %) place une partie de ses économies dans des actions d’entreprises cotées en Bourse cotées via un plan d'épargne en actions (PEA) ou un compte-titres ordinaire (CTO), là où les hommes sont près d'un sur deux (45 %) à le faire. La détention en direct d'actions cotées creuse davantage le fossé, avec 8 % de Françaises concernées face à 15 % de Français, soit presque deux fois plus.
Au-delà des revenus, une question de rapport au risque
Les disparités de rémunération entre les sexes pèsent dans la balance, mais elles n'expliquent pas tout. L'AMF pointe aussi un déficit de confiance : seulement 28 % des femmes se jugent à l'aise avec les questions d'épargne et de placement, contre 51 % des hommes.
Le rapport au risque de perte financière diverge dans les mêmes proportions, puisque 51 % des épargnantes écartent toute exposition au risque de moins-values dans leurs choix d'investissement. Une réticence partagée par à peine 31 % de leurs homologues masculins.
Un espace en ligne dédié
Avant d'agir, l'AMF veut comprendre. Une étude qualitative va être menée en septembre 2026 afin d'identifier précisément ce qui éloigne les femmes des marchés actions. En parallèle, le superviseur français des marchés financiers va ouvrir un espace en ligne dédié à l'investissement féminin au sein de la rubrique « Épargnants » de son site Internet.