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Épargne 8 juin 2026

Se constituer une épargne de précaution

L’Institut pour l’éducation financière du public a récemment mis en ligne une vidéo dans laquelle est expliquée la manière de se construire un matelas financier pour financer ses dépenses imprévues.

L’expression « épargne de précaution » est souvent utilisée, mais pas toujours comprise. C’est pour cette raison que l’Institut pour l’éducation financière du public (IEFP) a mis en ligne, le 18 mai 2026, une vidéo sur le sujet, disponible gratuitement sur la plateforme Youtube. L’IEFP est une association d’intérêt général indépendante, soutenue par la Banque de France, l’Autorité des marchés financiers (AMF), la Fédération bancaire française (FBF) et de grands établissements financiers. Elle édite notamment le site Internet pédagogique sur l’argent et la finance Lafinancepourtous.com.

En un peu moins de trois minutes, la vidéo de l’IEFP explique ce qu’est l’épargne de précaution, quel est le montant à y consacrer, où la placer et quelles sont les erreurs à éviter. Il s’agit d’une réserve d’argent réservée aux dépenses imprévues, comme une réparation automobile, une urgence médicale ou un rappel des impôts. L’IEFP parle de « bouclier financier ».

De trois à six mois de revenus, voire plus

Ce pécule doit être disponible à tout moment et sans risque. L’épargnant doit, en effet, non seulement pouvoir puiser dans ce bas de laine dès qu’il en a besoin, mais aussi être sûr de la somme à sa disposition. L’épargne de précaution se distingue ainsi de « l’épargne de projet » (ou « épargne d’investissement »), destinée à financer des projets sur les moyen et long termes, comme l’achat du logement, les études supérieures des enfants ou la préparation à la retraite.

Il est conseillé d’y consacrer l’équivalent de trois à six mois de revenus. En réalité, comme le souligne l’IEFP, tout dépend de la situation personnelle et professionnelle de l’épargnant. Un salarié célibataire en contrat à durée indéterminée (CDI) peut se permettre d’y mettre seulement trois mois de salaires. Un salarié en contrat à durée déterminée (CDD) avec des enfants, dont les revenus sont plus irréguliers et qui doit faire face à davantage de dépenses, devra y placer six mois de salaires. Un travailleur indépendant, qui ne dispose pas de droits au chômage, aura, lui, plutôt intérêt à y adonner jusqu’à un an de rémunération.

Les livrets réglementés liquides et sécurisés, mais plafonnés et peu rémunérateurs

L’épargne de précaution peut être placée dans des livrets réglementés, c’est-à-dire dont les paramètres sont fixés par l’État. Ces livrets sont totalement « liquides » (on peut y verser et retirer la somme de son choix quand on le veut), leur capital (les versements cumulés) est garanti par l’État et les intérêts annuels sont définitivement acquis. Il en existe trois : le Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Livret d’épargne populaire (LEP), qui peuvent se cumuler.

Ces livrets d’épargne réglementée présentent, toutefois, trois inconvénients. Un épargnant ne peut détenir qu’un seul Livret A, un seul LDDS et un seul LEP. Ils sont tous plafonnés. Les versements ne peuvent excéder 22 950 euros pour le Livret A, 12 000 euros pour le LDDS et 10 000 euros pour le LEP. Par ailleurs, les deux premiers sont peu rémunérateurs, puisque leur taux d’intérêt a été abaissé à 1,5 % le 1ᵉʳ février 2026. La rémunération du LEP est plus élevée (2,5 %), mais ce livret est réservé aux ménages modestes.

Le fonds en euros : l’autre alternative

La vidéo n’en parle pas, mais il existe un autre placement idéal pour l’épargne de précaution : le fonds en euros de l’assurance-vie. La liquidité de ce support est là aussi totale, son capital est également garanti (cette fois-ci par l’assureur) et ses intérêts annuels sont eux aussi définitivement acquis. En revanche, il est possible de souscrire autant de fonds en euros que l’on souhaite et ce support ne présente pas de plafond de versements.

Son rendement est généralement supérieur à celui du Livret A et du LDDS (2,65 % en moyenne en 2025, les taux étant communiqués avec un an de décalage). Mais contrairement aux livrets réglementés qui sont défiscalisés, les intérêts du fonds en euros sont soumis à l’impôt sur le revenu (IR) et aux prélèvements sociaux à 17,2 % en cas de retrait (appelé « rachat »). Toutefois, dès lors que le contrat d’assurance-vie a été ouvert depuis plus de huit ans, les gains issus des rachats ne sont pas assujettis à l’IR à hauteur de 4 600 euros par an pour un célibataire ou de 9 200 euros par an pour un couple marié ou pacsé.

Des versements réguliers

L’IEFP conseille de ne pas placer son épargne de précaution sur des placements dont le capital n’est pas garanti comme le compte-titres ou le plan d’épargne en actions (PER), ou qui ne sont pas liquides, comme le plan d’épargne retraite (PER) bloqué - sauf exceptions - jusqu’à la retraite ou l’âge légal (l’âge minimum autorisé de départ).

Quel que soit le support choisi, l’association recommande d’alimenter régulièrement son épargne de précaution, si possible en mettant en place des virements mensuels automatiques depuis son compte en banque. Ce qui n’empêche pas d’y verser des revenus exceptionnels, telle qu’une prime de fin d’année…

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