Les Français semblent traumatisés par le dernier épisode inflationniste. C’est ce que confirme une étude de la Banque de France (BDF) rendue publique le 23 juillet 2026 et réalisée auprès de 4 000 ménages représentatifs de la population française.
L’invasion de l’Ukraine par la Russie a notamment engendré une explosion des prix de l’énergie. Cette flambée tarifaire s’est répercutée ensuite sur la quasi-totalité des produits. Résultat : alors que l’inflation s’est située autour de 1 % de 2013 à 2020, elle a grimpé à 5 % entre 2022 et 2023.
Pas de prise de conscience du repli
Mais dès 2024, la hausse des prix à la consommation a reflué à 2 %. Mieux : elle est redescendue à 0,8 % l’an passé. « La France a ainsi été l’un des pays au niveau d’inflation parmi les plus faibles de la zone euro en 2025 », souligne la BDF.
Nos compatriotes n’ont visiblement pas pris conscience de repli inflationniste. Ils estiment l’augmentation des prix l’année dernière à 9,5 % en moyenne. Soit 8,7 points de pourcentage de plus que la réalité !
Décalage entre le ressenti et la réalité
Ce décalage entre le « ressenti d’inflation » et « l’inflation réelle » n’est pas nouveau. Selon les Français, la hausse des prix a atteint 10,3 % en 2022 et 14,1 % en 2023, alors qu’elle s’est véritablement élevée à respectivement 6,2 % et 6,7 %.
Cet écart résulte de la forte augmentation des prix des dépenses du quotidien au début du conflit ukrainien et du sentiment qu’ils n’ont pas baissé par la suite. À titre d’exemple, les prix des fruits et légumes ont bondi, en moyenne, de 17 % en 2023. Ils ont progressé de seulement 1,4 % en 2024 et de 1 % en 2025. Pour autant, 80 % des ménages pensent que ces denrées ont beaucoup augmenté l’année dernière.
Sentiment de perte de pouvoir d’achat
Résultat : huit foyers sur dix déclarent que leurs revenus ont évolué moins vite que les prix. Or, les salaires de base (hors primes) ont progressé, en moyenne, de 15% entre 2021 et 2025, tandis que les prestations sociales (RSA…) et les retraites ont été indexées sur l’inflation.
« Le revenu disponible par habitant en France a progressé d’environ 20 % entre 2021 et 2025, soit 5 points de plus que l’inflation cumulée des prix à la consommation sur la même période », pointe la Banque de France. Première victime de cette impression de perte de pouvoir d’achat : la consommation. Toujours d’après l’institut monétaire, 84 % des ménages disent avoir renoncé à certaines dépenses.
Épargner plus pour compenser
Cela peut paraître paradoxal, mais l’autre réflexes en période d’inflation est de mettre davantage d’argent de côté. Les épargnants se disent que la hausse des prix grignote le rendement réel de leurs placements et, pour compenser cette érosion, ils thésaurisent davantage.
Même parmi les ménages qui déclarent avoir perdu au moins 25 % de leur pouvoir d’achat entre 2021 et 2025, 27 % ont épargné l’an dernier. À l’autre bout du spectre, c’est-à-dire dans les foyers qui estiment que leur niveau de vie a, à l’inverse, augmenté d’au moins 20 % durant cette période, ils sont 70 % à avoir garni leurs produits financiers en 2025. « Les ménages percevant une hausse de leurs revenus indiquent plus souvent avoir optimisé leurs placements pour qu’ils rapportent davantage », ajoute la Banque de France.
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