Prostate : faut-il se faire dépister à partir de 50 ans ?
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme en France. Son risque augmente avec l'âge, particulièrement après 50 ans. Pour autant, contrairement au dépistage organisé du cancer colorectal, il n'existe pas de recommandation de dépistage systématique du cancer de la prostate chez les hommes sans symptôme. Le dosage sanguin du PSA, souvent évoqué, présente en effet des limites : un taux élevé ne signifie pas nécessairement qu'un cancer est présent et peut conduire à des examens inutiles. À l'inverse, un résultat normal n'exclut pas totalement un cancer.
Le bon réflexe ? En parler à son médecin, notamment à partir de 50 ans ou plus tôt en présence de facteurs de risque particuliers. Il pourra expliquer les avantages et les inconvénients des examens et aider à prendre une décision éclairée. En revanche, des difficultés urinaires nouvelles, la présence de sang dans les urines ou des douleurs inhabituelles justifient une consultation, sans attendre un éventuel dépistage.
Testicules : une anomalie doit conduire à consulter
Plus rare, le cancer du testicule touche principalement les hommes jeunes, notamment entre 15 et 35 ans. Il se manifeste souvent par une grosseur ou une zone dure sur un testicule, généralement indolore. Une augmentation de volume, une sensation de pesanteur ou une gêne persistante peuvent également attirer l'attention. Connaître l'aspect habituel de ses testicules permet de repérer plus facilement un changement. Il n'existe pas de programme national de dépistage organisé : en présence d'une anomalie, il faut consulter son médecin, sans attendre qu'une douleur apparaisse.
Santé mentale : ne pas négliger les signaux
Movember ne se limite pas aux cancers masculins. La campagne met également l'accent sur la santé mentale et la prévention du suicide. Fatigue persistante, irritabilité inhabituelle, troubles du sommeil, isolement, perte d'intérêt pour ses activités ou consommation accrue d'alcool peuvent traduire une souffrance psychologique. Ces signes méritent d'être pris au sérieux, particulièrement lorsqu'ils persistent ou perturbent la vie quotidienne.
En parler à son médecin traitant constitue une première étape. Selon la situation, il pourra proposer un accompagnement ou orienter vers un professionnel de santé mentale. Le dispositif Mon soutien psy permet également, lorsque les conditions sont réunies, de consulter un psychologue partenaire avec une prise en charge par l'Assurance Maladie et, le cas échéant, la complémentaire santé. Certains contrats prévoient aussi des forfaits de consultations psychologiques, à vérifier dans ses garanties.
Encadré — Andropause : les hommes ont-ils aussi leur ménopause ?
Fatigue, baisse de libido, troubles de l'érection, perte de force musculaire… Avec l'âge, certains hommes constatent des changements qu'ils attribuent à l'« andropause ». Mais que recouvre réellement ce terme ?
Contrairement à la ménopause féminine, l'andropause ne correspond pas à un arrêt hormonal brutal et systématique. Chez l'homme, le taux de testostérone peut diminuer progressivement avec l'âge. Certains développent un déficit en testostérone associé à des symptômes, parfois appelé déficit androgénique lié à l'âge. La fatigue ou les troubles sexuels peuvent toutefois avoir de nombreuses autres causes : stress, troubles du sommeil, médicaments, diabète, maladie cardiovasculaire ou dépression.
Que faire ? En cas de symptômes persistants, consulter son médecin. Un bilan clinique et, si nécessaire, des dosages hormonaux réalisés dans des conditions adaptées permettront de rechercher un éventuel déficit. Un traitement par testostérone n'est ni automatique ni destiné à lutter contre le vieillissement normal : il nécessite un diagnostic confirmé, une évaluation descontre-indications et un suivi médical.
Sources : Site officiel de Movember ; Dépistage du cancer de la prostate ; Les symptômes des cancers du testicule ; Andropause