Pour un rendez-vous ponctuel, pas de droit général à l’absence
Première chose à savoir : le Code du travail ne prévoit pas de droit général permettant à un salarié de s’absenter pour accompagner un parent à un rendez-vous médical. Si votre père ou votre mère a simplement besoin de votre présence pour une consultation ponctuelle, vous devez donc, en principe, trouver un accord avec votre employeur : poser une demi-journée ou une journée de congé ou de RTT, récupérer les heures lorsque l’organisation de l’entreprise le permet ou demander exceptionnellement un aménagement de vos horaires. Avant de poser un congé, pensez cependant à consulter votre convention collective ou les accords applicables dans votre entreprise. Ils peuvent prévoir des dispositions plus favorables ou des autorisations d’absence qui n’existent pas dans le régime général.
Dans tous les cas, mieux vaut prévenir son employeur le plus tôt possible plutôt que de s’absenter sans autorisation.
Si vous aidez régulièrement votre parent, pensez au congé de proche aidant
La situation est différente lorsque l’accompagnement ne se limite plus à un rendez-vous occasionnel. Vous gérez régulièrement les consultations de votre parent, ses démarches, ses courses ou certains actes de la vie quotidienne ? Votre père ou votre mère est en situation de handicap ou de perte d’autonomie ? Vous êtes peut-être devenu proche aidant. Le congé de proche aidant permet justement à un salarié de cesser temporairement son activité ou de la réduire pour s’occuper d’une personne handicapée ou en perte d’autonomie. Il peut notamment concerner un ascendant : père, mère, grand-père ou grand-mère. Il n’est pas nécessaire de vivre sous le même toit que la personne aidée. Ce dispositif peut donc permettre de dégager du temps lorsque les besoins d’accompagnement deviennent réguliers, y compris pour des démarches ou des rendez-vous liés à la santé du proche.
Une journée entière n’est pas toujours nécessaire
Un rendez-vous chez un spécialiste à 14 heures ne nécessite pas forcément de s’absenter toute la journée. C’est là tout l’intérêt du fractionnement du congé de proche aidant, lorsqu’il est possible.
Avec l’accord de l’employeur, le congé peut également être transformé en période d’activité à temps partiel. Le salarié doit alors prévenir son employeur à chaque prise de congé selon les modalités prévues. Ce fonctionnement peut être particulièrement adapté aux aidants qui doivent accompagner régulièrement un parent : consultation médicale, examen à l’hôpital, rendez-vous avec un professionnel médico-social… Attention cependant : le congé de proche aidant n’est en principe pas rémunéré par l’employeur, sauf disposition conventionnelle plus favorable.
Une allocation pour compenser une partie de la perte de salaire
Sous certaines conditions, le salarié qui réduit ou interrompt ponctuellement son activité pour aider son proche peut bénéficier de l’allocation journalière du proche aidant (AJPA) versée par la Caf ou la MSA. Elle est notamment ouverte lorsque la personne accompagnée présente un handicap avec un taux d’incapacité d’au moins 80 %, ou lorsqu’une personne âgée est reconnue en perte d’autonomie et classée en GIR 1 à 4. Depuis le 1er janvier 2026, l’AJPA s’élève à 71,43 euros par journée et 35,71 euros par demi-journée. Elle peut être versée pour un maximum de 22 jours par mois. Le droit est ouvert dans la limite de 66 jours pour une même personne aidée. Depuis 2025, il est possible de bénéficier de cette allocation pour plusieurs proches successivement, dans la limite de quatre personnes au cours de sa carrière, soit jusqu’à 264 jours au total. La demande d’AJPA s’effectue auprès de la Caf ou de la MSA.
Et si les rendez-vous se multiplient ?
Lorsque les besoins d’un parent augmentent, le problème dépasse souvent rapidement la seule question des rendez-vous médicaux. Consultations, examens, démarches administratives, organisation des aides à domicile… quelques heures d’absence peuvent se transformer en véritable casse-tête professionnel.Il peut alors être utile de faire le point sur l’ensemble des droits et solutions disponibles, plutôt que de poser ponctuellement des jours de congé. Outre le congé de proche aidant, certaines entreprises disposent de dispositifs propres pour leurs salariés aidants : aménagement des horaires, télétravail lorsque le poste le permet, jours supplémentaires prévus par un accord collectif… Un salarié peut également, sous certaines conditions, bénéficier de jours de repos donnés par des collègues lorsqu’il vient en aide à un proche atteint d’une perte d’autonomie d’une particulière gravité ou présentant un handicap. Le bon réflexe est donc de se rapprocher du service des ressources humaines ou de consulter sa convention collective pour connaître les dispositions applicables dans son entreprise.
Votre parent a un rendez-vous médical : 4 questions à vous poser
Anticiper plutôt que jongler avec ses congés
Accompagner occasionnellement un parent chez le médecin ne donne donc pas automatiquement droit à une autorisation d’absence. Mais lorsque ces rendez-vous deviennent fréquents et s’inscrivent dans un accompagnement plus global, il est important de ne pas considérer systématiquement les congés payés ou les RTT comme la seule solution.
Identifier son éventuelle situation de proche aidant, vérifier les droits ouverts par la situation de son parent et se renseigner auprès de son employeur peut permettre de trouver une organisation plus durable pour concilier vie professionnelle et accompagnement d’un proche.
Sources : Service-Public.fr, informations relatives au congé de proche aidant et au don de jours de repos à un salarié proche aidant ; Caf, « L’AJPA : un soutien pour les aidants », 28 août 2025 ; Caf, barème de l’Allocation journalière du proche aidant au 1er janvier 2026.