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Prévoyance 21 octobre 2026

Assurance-vie ou assurance décès : deux contrats à ne pas confondre

L’une permet de se constituer une épargne et de préparer la transmission de son patrimoine. L’autre vise d’abord à protéger financièrement ses proches en cas de décès. Malgré des appellations voisines, l’assurance-vie et l’assurance décès répondent à des objectifs très différents, a récemment souligné Bercy.

Épargner pour financer un projet, préparer sa retraite ou encore organiser sa succession ? Où garantir un capital à ses proches si vous venez à disparaître ? Derrière ces deux objectifs se cachent deux contrats qu’il est facile de confondre : l’assurance-vie et l’assurance décès.

La première est avant tout un produit d’épargne et de placement. La seconde relève de la prévoyance. Une différence fondamentale qui entraîne des règles de fonctionnement très différentes, comme le rappelle le ministère de l’Économie et des Finances dans une note publiée le 15 septembre 2026.

L’assurance-vie, un produit d’épargne à moyen ou long terme

L’assurance-vie permet de constituer progressivement un capital. Après un premier versement à l’ouverture du contrat, le souscripteur peut généralement effectuer de nouveaux versements, réguliers ou ponctuels.

L’argent placé n’est pas nécessairement immobilisé jusqu’au décès. Le souscripteur peut récupérer, à tout moment, totalement ou partiellement, son épargne en effectuant un retrait, appelé « rachat ». Lors d’un rachat total, le contrat est clôturé. Lors d’un rachat partiel, il continue de fonctionner.

Au décès de l’assuré, le capital est versé à la ou les personnes désignées dans la clause bénéficiaire incluse dans le contrat. C’est cette caractéristique qui fait également de l’assurance-vie un outil de transmission du patrimoine.

Lorsque le bénéficiaire est le conjoint ou le partenaire de Pacs de l’assuré, les sommes transmises sont exonérées d'imposition. Les frères et sœurs peuvent également bénéficier d’une exonération, sous certaines conditions (être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ; être âgé de plus de 50 ans ou atteint d'une infirmité empêchant de subvenir à ses besoins par le travail, avoir vécu avec le défunt au moins cinq ans avant son décès).

 Dans les autres cas, la fiscalité dépend de plusieurs paramètres, notamment de la date d’ouverture du contrat, de celle des versements, de l’âge de l’assuré au moment de ces versements et des montants transmis.

Le capital issu des versements (ou « primes ») effectués avant les 70 ans du souscripteur décédé est transmis en franchise d’impôt à hauteur de 152 500 euros par bénéficiaire désigné. La fraction comprise entre 152 500 et 852 500 euros est taxée à 20%, et celle au-delà de 852 500 euros à 31,25%. Le capital issu des primes versées après 70 ans se voit appliquer un abattement fiscal de 30 500 euros commun à l’ensemble des bénéficiaires. La fraction supérieure est soumise aux droits de succession qui varient selon le lien de parenté entre le défunt et le bénéficiaire.

Fonds en euros, UC : des niveaux de risque très différents

Un contrat d’assurance-vie peut être monosupport, lorsqu’il repose sur un seul type de placement, ou multisupports, lorsqu’il en associe plusieurs. C’est ce dernier cas qui est aujourd’hui le plus fréquent. Généralement, un contrat d’assurance associe un support en euros et un ou plusieurs supports en unités de compte (UC).

Le fonds en euros privilégie la sécurité : le capital bénéficie de la garantie de l’assureur. Même en cas de baisse des marchés financiers, le souscripteur est sûr de récupérer, à tout moment, le cumul de ses versements et de ses intérêts annuels. En contrepartie de cette sécurité, la rémunération du fonds en euros est souvent peu élevée.

Les unités de compte présentent un fonctionnement très différent. Les UC permettent d’investir sur une grande diversité de supports, notamment des fonds actions, des fonds monétaires (titres de dettes de très court terme), des fonds obligataires (titres de dettes de court, moyen et long terme) ou même des fonds immobiliers, comme des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI).

Mais le capital investi en unités de compte n’est pas garanti. Sa valeur peut progresser comme diminuer en fonction des marchés, avec un risque de perte en capital. La performance des UC est potentiellement supérieure à celle du fonds en euros. Avant de choisir ces supports, il convient donc de tenir compte de son horizon de placement, de ses objectifs patrimoniaux et du niveau de risque que l’on est prêt à accepter.

Une épargne qui reste disponible

La souplesse constitue l’un des principaux atouts de l’assurance-vie. Le souscripteur peut, en principe, demander à tout moment un rachat partiel ou total. Une restriction existe toutefois lorsque le bénéficiaire a formellement accepté sa désignation. La clause bénéficiaire devient alors irrévocable et certains actes, dont le rachat, nécessitent son accord. En l’absence de l’acceptation du bénéfice, le souscripteur conserve sa liberté de rachat.

Il est également possible, lorsque le contrat le prévoit, de demander une avance à l’assureur. Il ne s’agit pas d’un retrait de l’épargne, mais d’un prêt accordé par l’assureur et assorti d’intérêts.

En cas de retrait, seuls les gains sont imposés

L’assurance-vie bénéficie d’un régime fiscal spécifique. Tant qu’aucun rachat n’est effectué, les gains (intérêts annuels du fonds euros, plus-values des UC) accumulés sur le contrat ne sont pas imposés.

Lors d’un rachat partiel ou total, seule la part correspondant aux gains est imposable, et non l’intégralité de la somme récupérée. Le régime applicable dépend notamment de la date des versements et de l’ancienneté du contrat.

Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, les gains retirés avant huit ans relèvent du prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% (ou, sur option, au barème progressif de l’impôt sur le revenu). Après huit ans, le régime devient plus favorable grâce, en particulier, à un abattement de 4 600 euros par an pour un célibataire ou de 9 200 euros par an pour un couple marié ou pacsé.

L’assurance décès ne constitue pas une épargne

Avec l’assurance décès, la logique change complètement. Il ne s’agit plus de placer de l’argent pour le récupérer ultérieurement, mais de couvrir un risque : le décès de l’assuré.

Le souscripteur verse des cotisations à l’assureur et celui-ci s’engage, si les conditions prévues au contrat sont remplies, à verser un capital ou une rente au(x) bénéficiaire(s) désigné(s). Le montant garanti est déterminé lors de la souscription.

Puisque la garantie est déclenchée par le décès de l’assuré, celui-ci ne peut pas être le bénéficiaire de cette prestation. Il désigne une ou plusieurs personnes dans la clause bénéficiaire, qu’il peut en principe modifier tant que le bénéfice n’a pas été accepté.

Deux grandes formules existent. L’assurance temporaire décès couvre l’assuré pendant une durée déterminée. L’assurance-vie entière prévoit, elle, une couverture pour une durée indéterminé, c’est-à-*dire jusqu’à son décès.

Avant de souscrire, il peut être utile de vérifier les garanties dont vous bénéficiez déjà : certains salariés sont couverts par un contrat collectif de prévoyance mis en place par leur employeur qui prévoient déjà le versement d’un capital au conjoint survivant et éventuellement une rente éducation pour les enfants.

L’objectif premier : mettre ses proches à l’abri

L’assurance décès sert avant tout à limiter les conséquences financières d’un décès pour les proches de l’assuré. Le capital prévu peut, par exemple, contribuer à compenser la perte de revenus ou à faire face à certaines dépenses.

Selon le contrat choisi, la couverture peut être complétée par d’autres garanties. Elles peuvent concerner le décès accidentel, l’invalidité, certaines maladies apparues après la souscription ou encore l’arrêt de travail. Le périmètre dépend toutefois des garanties, des exclusions et des conditions prévues au contrat.

Le prix dépend notamment de l’âge, de la santé et du capital garanti

Contrairement à l’assurance-vie, où les sommes versées alimentent une épargne, les cotisations d’une assurance décès servent à financer une couverture contre un risque.

Leur montant dépend notamment du capital que l’assureur devra éventuellement verser, mais aussi du profil de l’assuré. L’âge au moment de la souscription, l’état de santé et certains éléments liés au mode de vie peuvent notamment entrer dans le calcul du tarif.

Cette distinction est particulièrement importante dans le cas d’une assurance temporaire décès. Si l’assuré est toujours en vie à l’expiration de la période couverte, aucun capital décès n’est versé et les cotisations payées restent acquises à l’assureur. Les primes ont donc été versées « à fonds perdu ». Dans un contrat vie entière, le capital a vocation à être versé au décès de l’assuré.

Assurance décès : une fiscalité qui dépend aussi de l’âge de l’assuré

Le capital d’une assurance décès versé à un bénéficiaire désigné obéit à des règles fiscales encore plus avantageuse que celle de l’assurance-vie. Pour les primes versées avant 70 ans, seule la dernière année de cotisation est taxée à 20% pour la fraction comprise entre 152 500 et 852 500 euros et à 31,25% pour celle supérieure à 852 500 euros. De même pour les primes versées après 70 ans, l’abattement global de 30 500 euros porte également sur la dernière année de cotisation. En pratique, les capitaux transmis aux bénéficiaires sont la plupart du temps exonérés d’impôts.

Épargner d’un côté, assurer un risque de l’autre

La différence essentielle tient donc à la finalité des deux produits. Avec une assurance-vie, vous vous constituez une épargne, disponible de votre vivant et qui peut être transmise à vos bénéficiaires. Avec une assurance décès, vous achetez une protection : en contrepartie de cotisations, l’assureur garantit le versement d’un capital ou d’une rente aux personnes désignées à votre disparition.

Les deux contrats peuvent ainsi participer à la protection financière de vos proches, mais ils ne répondent ni au même besoin ni à la même logique patrimoniale. Avant de souscrire, il est donc essentiel de déterminer l’objectif recherché : faire fructifier et transmettre une épargne, protéger ses proches contre les conséquences financières d’un décès, ou combiner les deux dispositifs.

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