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Prévoyance 7 septembre 2026

Succession : les Français savent qu’il faut anticiper, mais passent rarement à l’action

Malgré une prise de conscience des enjeux de la transmission du patrimoine, la grande majorité de nos compatriotes n’ont toujours pas entrepris de démarche pour préparer leur succession. Entre manque d’information, sentiment d’avoir le temps et complexité des règles, l’écart reste important entre les intentions et les actes, montrent deux études récentes.

Préparer sa succession reste loin d’être un réflexe. Selon un sondage dévoilé le 15 juillet 2026 et réalisé pour le réseau indépendant de conseillers en gestion de patrimoine (CGP) Inovéa auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 individus, 72 % des personnes interrogées n’ont engagé aucune démarche pour organiser la transmission de leur patrimoine.

Parmi elles, 59 % reconnaissent n’avoir pris aucune mesure et 12 % indiquent ne pas savoir quelles solutions existent. Seulement 29 % des sondés ont déjà mis en place au moins un dispositif, comme un testament, une donation du vivant, un contrat d’assurance-vie ou un démembrement (la séparation de la pleine propriété d’un bien ou d’un placement, entre l’usufruit d’un côté, et la nue-propriété de l’autre).

Pourtant, les Français semblent conscients des enjeux. Une récente enquête, menée pour le panel des ANPERENAUTES auprès de 510 répondants, révèle un intérêt marqué pour les questions successorales. Elle met en évidence une prise de conscience de l’importance d’anticiper sa transmission, même si cette volonté se traduit encore rarement par des actions concrètes.

Une fiscalité jugée trop lourde, et des solutions largement ignorées

Les droits de succession continuent d’alimenter les critiques. Selon le sondage Inovéa, 79 % des déclarants les estiment excessifs. Mais ce jugement s’accompagne d’une méconnaissance des dispositifs existants, notamment les abattements fiscaux liés au degré de parenté d’avec le défunt.

Huit Français sur dix (81 %) déclarent ne pas connaître les mécanismes permettant de réduire légalement les droits de succession. Dans le détail, 45 % ignorent totalement leur existence et 36 % savent qu’ils existent sans pouvoir les identifier. À peine 19 % affirment les maîtriser.

Ce déficit d’information se retrouve dans la préparation à la succession. Six personnes sondées sur dix (60 %) estiment ne pas disposer des connaissances suffisantes pour prendre les bonnes décisions si elles devaient transmettre ou recevoir un héritage aujourd’hui.

Une procrastination successorale

Pourquoi une telle inaction ? La première raison avancée est le sentiment d’avoir encore le temps. Un peu plus du tiers des répondants (34 %) jugent que la question ne se pose pas encore. Un quart (25 %) considère ne pas posséder un patrimoine suffisamment important pour justifier une préparation. D’autres évoquent la difficulté d’aborder un sujet lié à la fin de vie (13 %), la complexité des règles successorales (13 %) ou encore l’absence de repères pour choisir un professionnel compétent (11 %).

Pourtant, les bénéfices de l’anticipation sont clairement identifiés. Selon le panel d'adhérents ANPERENAUTES, 58,2 % des répondants estiment qu’elle permet de simplifier les démarches pour leurs proches. La moitié (50,6 %) considère qu’elle offre la possibilité d’exprimer clairement ses volontés et qu’elle limite les risques de conflits entre héritiers.

Le testament illustre parfaitement ce décalage entre les convictions et la réalité. Si 77 % des déclarants jugent important de rédiger leurs dernières volontés de leur vivant, seuls 18,6 % déclarent l’avoir fait, toujours d’après l’étude d'ANPERE.

Une succession perçue comme longue, complexe et chronophage

Les Français redoutent également les difficultés pratiques liées à une succession. Plus de sept personnes sur dix (71 %) craignent qu’une transmission mal préparée entraîne de lourdes conséquences financières pour leurs héritiers.

Les ANPERENAUTES confirme cette perception. Quatre répondants sur dix (17,3 %) estiment que les démarches successorales nécessitent environ 75 heures de traitement, et même environ 100 heures pour 22,2 % d’entre eux. En ce qui concerne la durée totale de la succession, 48,2 % l’évaluent à environ six mois, tandis que 16,5 % et 20,8 % la préjugent à respectivement neuf mois et douze mois ou plus.

Des documents souvent préparés, mais un patrimoine numérique encore oublié

Les Français commencent toutefois à mieux organiser certaines informations patrimoniales. L’étude des ANPERENAUTES montre que 71,8 % des répondants disposent déjà d’une liste de leurs comptes bancaires et que 65,1 % ont recensé leurs contrats d’assurance et autres abonnements.

En revanche, le patrimoine numérique reste largement négligé. Plus d’une personne sur deux (50,8 %) ne possède aucune liste recensant ses comptes en ligne, ses abonnements ou ses identifiants numériques, alors que ces éléments occupent une place croissante dans la gestion d’un patrimoine.

Une forte attente d’outils pour simplifier la transmission

Les Français expriment également une attente très nette en faveur de solutions permettant d’organiser plus facilement leur succession. Selon l’enquête ANPERE, 93,3 % se déclarent favorables à un support unique regroupant l’ensemble des informations utiles à leurs héritiers.

Le format papier conserve toutefois leur préférence. Il est privilégié par 62,2 % des répondants, tandis que les outils numériques suscitent davantage de réserves : 49,2 % seulement leur accordent leur confiance.

Enfin, malgré les risques identifiés, le recours à un professionnel reste encore limité. Près d’un Français sur deux n’a jamais consulté, ni envisagé de solliciter, un spécialiste de la transmission patrimoniale, comme un notaire ou un CGP. Seuls 19 % ont franchi cette étape, tandis que 24 % disent y réfléchir. Quant au moment idéal pour préparer sa succession, les personnes interrogées estiment à 51 % qu’il se situe entre 50 et 70 ans, alors que 21 % considèrent qu’il faut s’y atteler avant la cinquantaine.

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