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Prévoyance 6 octobre 2026

Comment couvrir ses frais d’obsèques ?

Régler des obsèques suppose de réunir plusieurs milliers d'euros en quelques jours, tout en prenant de nombreuses autres décisions. Plusieurs ressources permettent d'en couvrir tout ou partie, que le défunt ait anticipé cette dépense ou non.

Des obsèques reviennent en moyenne à 4 730 euros, selon une étude d'octobre 2024 de Silver Alliance, un groupement d'entreprises du bien vieillir à domicile, portant sur 50 738 funérailles : 5 044 euros pour une inhumation et 4 434 euros pour une crémation. À ces montants s’ajoutent en moyenne 1 115 euros de prestations optionnelles (compositions florales, avis de décès, monument funéraire, etc.).

À titre de comparaison, la pension de vieillesse moyenne s’établit à 1 512 euros nets par mois, selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees). La facture ne repose pourtant pas nécessairement sur les seuls proches, puisque les comptes du défunt, sa succession et certains dispositifs sociaux peuvent y contribuer.

Qui doit payer les obsèques ?

Les frais funéraires sont à la charge de la succession et, pour le calcul des droits, ils sont déduits de l'actif à hauteur de 1 500 euros, ou pour la totalité de l'actif lorsque celui-ci est inférieur à cette somme, en application de l'article 775 du Code général des impôts (CGI).

Encore faut-il que la succession soit solvable : sinon, les ascendants et les descendants peuvent être tenus de contribuer au titre de l’obligation alimentaire réciproque prévue par l'article 205 du Code civil, chacun à proportion de ses ressources. Cette obligation subsiste même en cas de renonciation à la succession.

Celui qui a financé les funérailles d'un ascendant dépourvu de ressources peut, sous certaines conditions, déduire cette dépense de son revenu global au titre des pensions alimentaires (article 156 du CGI).

Les comptes bancaires du défunt

Le décès entraîne le blocage des comptes, mais l'argent qui y figure peut servir à régler les obsèques. La personne qui pourvoit aux funérailles peut demander à la banque de débiter les sommes nécessaires au paiement de la facture, dans la limite du solde disponible et de 5 910 euros (article L. 312-1-4 du Code monétaire et financier, plafond fixé par arrêté du 3 décembre 2024).

Le capital décès de l'Assurance maladie

Lorsque le défunt exerçait une activité salariée, ou se trouvait dans une situation assimilée, telle que le chômage indemnisé ou l'invalidité, les bénéficiaires peuvent prétendre au capital décès du régime général, fixé à 4 009 euros depuis le 1ᵉʳ avril 2026.

Il n'est pas versé automatiquement : la demande doit être déposée auprès de la caisse primaire d'assurance maladie. La priorité revient aux personnes qui étaient, au jour du décès, à la charge effective, totale et permanente du défunt. S’il existe plusieurs bénéficiaires prioritaires, le capital revient d'abord au conjoint non séparé ou au partenaire de pacte civil de solidarité (Pacs), puis aux enfants et enfin aux ascendants. Les bénéficiaires prioritaires disposent d'un mois pour faire valoir leur priorité. Passé ce délai, le capital peut être réclamé pendant deux ans, selon le même ordre. Des règles distinctes s'appliquent aux indépendants et aux fonctionnaires.

Les aides facultatives

Des aides peuvent aussi être accordées par l'action sociale de certaines caisses de retraite complémentaire, mutuelles ou complémentaires santé, ainsi que par certains centres communaux d'action sociale (CCAS). Les conditions d’attribution et les montants varient selon l'organisme.

La prise en charge communale est, elle, prévue par la loi. L'article L. 2223-27 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) impose la gratuité du service des funérailles pour les personnes dépourvues de ressources suffisantes et, à défaut de service communal, la prise en charge des frais par la commune. Le maire est chargé d'apprécier l'insuffisance des ressources.

Un réflexe s'impose enfin : l'Association pour la gestion des informations sur le risque en assurance (Agira) permet de rechercher gratuitement, sur présentation d’un acte de décès, si le défunt avait souscrit un contrat obsèques.

L’assurance obsèques, pour anticiper

L'assurance obsèques permet d'anticiper le financement de ses propres funérailles. Fin 2024, 5,7 millions de contrats obsèques individuels étaient en cours selon France Assureurs, dont 79 % en capital. Pour les contrats vie entière, le capital moyen garanti s’élevait à 4 350 euros.

Avec un contrat en capital, le souscripteur choisit le montant du capital garanti et désigne un bénéficiaire. Au décès, le capital doit être affecté au paiement des obsèques, dans la limite de leur coût. Ses proches conservent le choix de l’opérateur funéraire ; le reliquat éventuel revient au bénéficiaire.

Avec un contrat en prestations, le souscripteur définit à l’avance l’organisation de ses funérailles avec une entreprise de pompes funèbres, qui devient bénéficiaire du contrat et reçoit le capital au décès pour exécuter les prestations prévues. Une clause prévoyant des prestations dont le contenu n'est pas détaillé et personnalisé est réputée non écrite. Le souscripteur doit aussi pouvoir modifier ses choix de son vivant, y compris l’opérateur funéraire, comme le prévoit le CGCT.

Ce qu'il faut vérifier avant de souscrire

Le premier point à examiner est la revalorisation du capital : un montant fixé plusieurs décennies avant le décès peut ne plus suffire à couvrir les frais d'obsèques. Le coût total mérite aussi l’attention : avec des cotisations viagères, le total versé peut dépasser le capital garanti en cas de grande longévité. Mieux vaut donc regarder le rapport entre le total versé et le montant assuré plutôt que s’arrêter aux mensualités.

Il faut enfin vérifier le délai de carence, souvent prévu en cas de décès par maladie, mais non par accident. Les assureurs membres de France Assureurs se sont engagés à plafonner cette carence à un an et à proposer une alternative aux cotisations viagères, comprenant au moins une formule à cotisations temporaires. Ces mesures s’appliquent aux nouveaux contrats, avec une mise en œuvre au plus tard le 1ᵉʳ juillet 2025. Ces engagements professionnels ne concernent ni les contrats antérieurs ni les assureurs non adhérents.

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